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26
apr

Edito

par Caroline Gaudriault

Bienvenue en Israël…

Bienvenue en Israël…

Il faut savoir que lorsqu’on entre dans l’Etat d’Israël, on entre dans un pays en guerre. On a tendance à l’oublier. Il ne viendrait pas à l’idée de se rendre en Syrie… Pourtant en Israël, on voyage en touriste ou pour affaire.

Bien avant le décollage, on vous rappelle à la réalité. Le parcours du combattant commence à l’aéroport et le scénario du pire se joue sur la compagnie israélienne El Al. L’armée, sous l’égide rassurant de « Sécurité » se charge des sales besognes.
Le sait-on assez ? Dans les mêmes costumes que les employés au sol, ceux de la Sécurité sélectionne 10% des passagers de l’avion pour les interroger. Sélection du hasard ? Passagers entrant pour la première fois dans le pays ? Détenteurs d’un passeport déjà bien tamponné ? Visiteurs fréquents de pays arabes ? Profils types ? Professions ciblées ? C’est un peu tout cela à la fois.

Cette entité abstraite, « Sécurité », est constituée d’hommes et de femmes, qui dans le privé laissent à penser qu’ils éprouvent humainement des émotions, mais pour l’heure, dédient leur libre arbitre à la cause sécuritaire.
Selon l’aveu d’un ex-employé, le contrôle israélien est l’un des plus performants au monde. Une vingtaine de caméras filtrent les passagers et les épient jusque dans les toilettes quand ils sont en train de pisser.
Les cerbères en costume civil épient le comportement et l’assurance de leurs cibles en tentant de les déstabiliser. Ils ont appris à sourire, mais pour le reste, rien ne les sensibilise.
Arrivé trois heures en avance ou deux, c’est seulement les quelques dizaines de minutes avant d’embarquer que vous les intéressez. Que vous soyez israéliens ou d’une autre nationalité ; que vous soyez un touriste ou un curé ; que vous ayez un rendez-vous professionnel…sans préjugé, vous serez interrogé. Si quelques questions auront raison de la plupart des voyageurs, l’acharnement peut tomber sur d’autres.

C’est dans un sas de sécurité qu’a lieu la mise à l’épreuve. Tout est fait pour que la pression du décollage imminent vous inquiète ; pour que vous croisiez d’autres voyageurs, exténués parfois jusqu’aux larmes, en train de terminer leur interrogatoire. Qui peut penser que dans un aéroport parisien, ces stratégies militaires puissent être utilisées ? La question est sur toutes les lèvres : ont-ils le droit ?
Décontenancé, vous assistez à l’exaspération d’un voyageur qui refuse la fouille au corps et préfère annuler son vol. Vous devenez le témoin de l’indignation d’une voyageuse choquée par les questions intimes et la fouille dans ses comptes bancaires. Le processus de déstabilisation a commencé. C’est à vous.
Quand arrivent les questions, vous jouez le jeu. Tout en vous demandant jusqu’où iront-ils. Les interrogations s’enchainent comme les interrogateurs. Les questions se répètent. Plusieurs fois. On veut voir votre cohérence. Entre temps, on se renseigne : votre profession, vos études, vos relations… c’est là que toute trace laissée sur internet peut servir…
Une heure ; une heure et demie ; deux heures d’interrogatoire se passent. On vous demande votre téléphone, votre ipad, votre ordinateur. On les prend pour les faire vérifier ailleurs. On vous promet de ne pas effacer les données.

C’est là que votre endurance s’ébranle, quand l’heure du vol a sonné. Ici rater son avion relève de la banalité. Vous êtes seul…seul à perdre votre sang froid. Peu importe vos engagements, peu importe l’attente toute la journée pour prendre le prochain vol, votre sécurité et celle des passagers, cela seul importe ! Il vous reste votre liberté : celle de partir sur le champ et d’oublier le projet qui vous avait fait venir jusqu’ici.

Le chef d’escale joue les sauveurs. Il vient vous ramener vos objets électroniques et ses excuses. On sait ménager vos nerfs… Commence la moralisation, rempart à toute objection : sécurité, principe de précaution… On vous conseille de vous reposer. Vous comprenez : prenez des forces pour la suite !

Car le moment que vous préférez est à venir : celui où, après dix heures d’attente d’un dimanche ensoleillé passé dans l’aéroport, vous vous réjouissez de partir enfin. Vous sortez votre nouveau billet, votre passeport ; discrètement vous vous glissez dans la file prête à embarquer. Soudain votre nom raisonne. On vous appelle ! La paranoïa vous prend. Répondre encore aux questions… rendre à nouveau ses appareils numériques.… Le rêve d’Israël s’éloigne au fur et à mesure que votre exaspération grandit.

A ce moment là, vous ne savez plus pourquoi vous partez…

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