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20
jun

Brexit : leur choix, notre problème

par Jacques de Guillebon

« Messieurs, l’’Angleterre est une île, et je devrais m’arrêter là » : ainsi le grand historien André Siegfried ouvrait naguère son cours en Sorbonne. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette situation, tunnel sous la Manche ou non, n’a pas changé. Les mœurs insulaires, culturelles et politiques, conservent encore leurs spécificités qui nous paraissent si étranges vu d’ici. Ainsi, nos voisins anglais n’hésitent pas, eux, alors même que le sentiment « eurosceptique » comme on dit, semble moins fort là-bas qu’il n’est ici, à consulter leur peuple par référendum au sujet du maintien de la nation dans l’espace européen.

Alors que le vote doit avoir lieu le 23 juin, la classe politique est aussi divisée que le pays. Si « l’out » l’emporte dans les sondages de manière générale, l’écart est si infime que personne, quelques jours avant le référendum, n’est en mesure de savoir qui gagnera, des partisans de la sortie ou de ceux du maintien. Un fait cependant semble établi, la déchirure sociale : les dominants, ceux de Londres et de la City, souhaitent massivement que le Royaume-Uni demeure dans l’espace de libre-échange européen, quand les classes populaires, laminées par des années de crise et confrontées au phénomène de l’immigration massive et incontrôlée, choisissent le départ. N’oublions pas que l’Ukip de Nigel Farage est arrivé en tête aux dernières élections européennes ; ni que le parti conservateur, dirigé depuis David Cameron depuis 2006, lui-même Premier ministre depuis 2010, a toujours été divisé sur la question européenne, question entraînant même la chute de Margaret Thatcher et de John Major jadis. Opposition interne et féroce, incarnée aujourd’hui par la compétition que se livrent les anciens camarades d’Eton Cameron et Boris Johnson pour le leadership du parti tory.

Mais pour le fond, malgré les spécificités anglaises, le débat révèle les lignes de fractures qui traversent tout le continent européen : l’Europe est-elle une communauté de destin, et si oui sur quelles valeurs se fonde-t-elle ? Les partisans du Brexit excipent ainsi du fait que l’emprise de la commission européenne sur des sujets environnementaux, migratoires ou sociétaux, privent le peuple anglais de sa souveraineté, quand à l’inverse, les partisans du maintien, surtout à gauche, louent cette même UE d’imposer des normes en la matière.

Sur le plan économique, on notera l’ironie qu’il y a à prédire un effondrement général de l’économie anglaise quand dans le même temps, on négocie, sous le manteau, des accords de libre-échange avec le Canada et les Etats-Unis qui, que l’on sache, ne sont pas membres pour leur part de l’espace européen.
Enfin, cette campagne sanglante met au jour la souffrance des peuples qui, sur tout le continent, ont l’impression de n’avoir pas été consultés et, même parfois dupés, sur le mode de construction européen.

La fédéralisation à marche forcée, du moins telle qu’elle est ressentie par les peuples, ne pouvait qu’hérisser des Britanniques si fiers de leur indépendance ; paradoxalement, les peuples associés et minoritaires au sein du Royaume-Uni que sont les Gallois et les Ecossais semblent pencher, eux, vers un maintien, conscients qu’ils sont de la protection que leur offre l’Union européenne. Que le Royaume-Uni quitte l’Europe induira peut-être que l’Ecosse, elle, quitte le Royaume-Uni. Ainsi, alors que les modes de vie n’ont jamais été aussi unifiés, les choix politiques n’ont, eux, jamais été aussi divergents.

Brexit ou non, ce referendum devrait être pour toutes les nations européennes, et même occidentales, l’occasion de s’interroger sur ce qui les lie, donc sur ce qui les fonde.

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