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04
feb

Au cœur du déni réel : la théorie du genre

par Théophane Le Méné

« Au petit garçon la poupée rose, le tricot et la marelle, à la petite fille le pistolet et la bagarre »

   

S’il fallait trouver au fascisme un porte-étendard qui puisse subir la vindicte des indignés, alors la nature en serait la figure idéale. Voilà que depuis qu’elle nous a sommés d’exister, elle a voulu que nous soyons, sans aucune concertation mais sur un fondement purement arbitraire dont nous ne maîtrisons même pas le raisonnement, ou homme ou femme, ne laissant aucune place à la confusion. Mais la nature n’a pas l’intelligence de la culture. Et par le sursaut d’esprits éclairés de quelques-uns, l’idée d’une construction purement sociale de la condition sexuée s’est mise en branle, à la libre disposition des volontés autonomes : la théorie du genre.

Elaborée à partir des mouvements sociaux féministes qui luttaient contre la discrimination sociale fondée sur l’appartenance à un sexe, la théorie du genre a été poussée à son paroxysme au point de considérer la sexualisation comme un déterminisme social duquel il faudrait s’affranchir. Il s’agit en réalité d’établir une distinction entre le sexe et le genre pour s’interroger sur la construction des rôles sociaux attribués à l’origine. L’américaine Judith Butler fut une des premières à expliquer cette nouvelle forme d’idéologie inspirée de celle des tenants de la déconstruction comme Michel Foucault ou Jacques Derrida. Dans son ouvrage, Gender trouble, la philosophe invite à repenser l’organisation sociale selon d’autres modèles, notamment homosexuels ou transsexuels, tout en fustigeant ce qu’elle nomme « le phallogocentrisme » et « l’hétérosexualité obligatoire » qu’elle considère comme « les effets d’institutions, de pratiques, de discours provenant de lieux multiples et diffus ».

En 1949, dans son ouvrage Le deuxième sexe, Simone de Beauvoir lançait : « On ne nait pas femme ni homme […] on le devient […] en démocratie, l’anatomie ne doit plus être un destin ». Soixante ans après, la formule est définitivement consacrée. En 2011, la théorie du genre venait s’inscrire au cœur des ouvrages des manuels de SVT pour les élèves de première, sans même que cette évocation ne soit, a minima, accompagnée d’une réflexion appropriée sur l’anthropologie, afin que les élèves saisissent la portée de cette idéologie née de la lutte des sexes et du refus des limites du corps. On n’aurait pu trouver meilleur moyen de donner à cette idéologie - qui n’est qu’une option philosophique - une bénédiction scientifique. Plus récemment encore, le ministère de l’Education nationale et celui du Droit des femmes (sic) installaient le dispositif « ABCD de l’égalité », tout un programme destiné à ce que nos chères petites têtes blondes n’assimilent plus les stéréotypes qui mettraient à mal l’égalité des sexe, notamment ceux induits par la représentation symbolique de la différence des sexes. Les couleurs, les jeux de récréation, les activités physiques, les tenues vestimentaires doivent désormais appliquer le strict critère de l’interchangeabilité. Au petit garçon la poupée rose, le tricot et la marelle, à la petite fille le pistolet et la bagarre. Cette redéfinition basique des codes traditionnels doit amener ces jeunes élèves à inverser la charge de la preuve et à comprendre, en définitive, que ce n’est pas leur sexe qui détermine leur activité sociale mais bien l’activité sociale qui détermine leur sexe. Pour soutenir cette manipulation pédagogique, certains ouvrages pour enfants fleurissent. Le livre d’Anne Percin et de Thomas Gornet, Le jour du slip / Je porte la culotte, est, sur le sujet, aussi éloquent qu’effrayant, à plus forte raison lorsque l’on sait qu’il sera lu à des enfants de cinq ans. Quand Corinne devient Corentin, voilà ce que cela donne : « Pour enlever mon bas de pyjama, j’ai l’habitude de faire glisser mes mains entre l’élastique et la peau. Mais cette fois, ça accroche. Sous mes doigts, là où d’habitude il n’y a qu’une toute petite bosse de peau douce, maintenant, il y a… un zizi ! Je sursaute comme si ça allait me mordre […] Assise à califourchon sur la lunette des W.-C., je comprends que je ne rêve pas. Je suis en train de m’arroser copieusement les cuisses et il y a une petite mare sur le carrelage. - Mais c’est quoiiii, ce truc ? Le pipi sort de là comme d’un tuyau d’arrosage. C’est pas compliqué : y en a partout ! Le pire, c’est que ça ne tient même pas tout seul ! Je croyais que c’était comme un parapluie, un zizi : on le sort et hop, on le déplie. Eh ben, en vrai, on est obligé de le tenir avec ses propres doigts ! Au secours ! » N’en jetez plus…

Ce qui semblerait relever d’une mauvaise farce révèle pourtant quelque chose de bien plus grave. Cette théorie d’équivalence et d’interchangeabilité de l’une et de l’un expose une bien curieuse équation qui n’est pas sans rappeler le catéchisme économique ultra-libéral où ni la langue, ni la culture, ni la morale, ni la religion et en définitive ni les sexes ne doivent freiner la circulation des flux. Mais surtout, cette théorie invite de jeunes esprits à se refuser dès le départ en tant que tel et à convoiter une représentation de soi qui sépare le corps et l’esprit en même temps qu’elle incite un désir dont la réalisation n’existe que de façon chimérique, et en tout état de cause, en dehors des données de la nature qu’observent les sciences expérimentales. Faut-il rappeler la triste expérience qu’avait menée John Money, le père de la théorie du genre, en la testant sur des jumeaux à qui il avait assigné un sexe différent de celui biologique ? Aucun d’eux n’est plus là pour témoigner. L’un s’est suicidé en 2002, l’autre en 2004.

Théophane Le Méné

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