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27
nov

Après l’humanité...

par Gabriel Dabi-Schwebel

« Avec la technologie, nous sommes sur le point de briser la barrière des sens pour mettre en place une connexion directe entre l’homme et la machine. »

L’Homme pourra-t-il un jour mesurer sa véritable place dans l’univers ? Si Gaïa - la Terre - était un organisme vivant, l’homme serait aujourd’hui une espèce parasite sur le point de tuer son hôte et à terme de se tuer lui-même. À partir de quand une espèce vivant sur Terre devient un danger pour sa planète et donc un parasite à même de tuer son hôte ? À quel moment l’état d’urgence peut-il être décrété ? Quand l’homme franchira-t-il le point de non-retour ?

Surpopulation, surexploitation des eaux et des sols, élevage intensif, surpêche, prédation, réduction de l’habitat sauvage, pollution, augmentation des gaz à effet de serre, acidification des océans, diminution des espèces, désertification. À force d’interférer toujours plus avec Gaïa au nom du progrès, l’homme a, peu à peu, parasité son hôte au point de le dérégler suffisamment pour se mettre en danger lui-même. Le constat n’est pas nouveau et la liste des conséquences est longue. Certaines nous sautent aux yeux tous les jours, les changements climatiques violents, la diminution des ressources alimentaires, l’aprauvrissement des ressources énergétiques non renouvelables... Puisqu’il est de bon ton de se poser en pourfendeur de la biodiversité, mot fédérateur de bonne conscience collective s’il en est, approfondissons la relation bio-logique "hôte-parasite" jusqu’au bout.

Dans sa relation "parasite-hôte", la vie de l’Homme sur la Terre est une course constante à l’armement. C’est une formule offensif-défensif. Le parasite évolue pour pouvoir continuer à survivre autour, sur ou dans l’hôte. Dans le même temps, la sélection naturelle favorise l’apparition de moyens de défense chez les hôtes. L’hôte évolue pour ne pas rencontrer le parasite, pour s’en défendre ou pour s’en débarrasser : ainsi les animaux vont adapter leur système immunitaire, les plantes vont produire des toxines. Certaines thèses considèrent les accidents climatiques comme un moyen de défense de Gaïa vis à vis de l’espèce humaine, une montée de fièvre susceptible de tuer la bactérie parasitaire. Le typhon Haiyan aux Philippines a fait 4 460 morts (bilan provisoire de l’ONU) ; l’ouragan Flora en Haïti 5 000 morts ; le séisme au Japon, 23 500 morts ; le tsunami en Indonésie, 220 000 morts. La recrudescence des typhons, des cyclones, des innondations seraient là pour calmer nos ardeurs et nous chasser de la terre. D’autres espèces parasitaires, y compris les plus bénéfiques, subiraient le même sort, tels certains animaux, plantes ou arbres, qui par la photosynthèse transforment l’air dans lequel nous évoluons pour nous le rendre respirable. À l’instar des antibiotiques qui éliminent de notre organisme les bactéries sans discernement (les mauvaises bactéries responsables de nos maux, mais aussi les bonnes), contraignant notre flore intestinale à se reconstituer entièrement. En chassant l’homme, Gaïa perdrait une partie de sa richesse et précipiterait un phénomène d’autodégénérescence, elle finirait par ne conserver vivantes que des espèces très résistantes (scorpions, poissons abyssaux, fougères...) au risque de redevenir une planête inerte, au même titre que celles constituent notre système solaire. Le cycle de la vie appliquée à l’échelle d’une planète reste le même : naissance, croissance, dégénérescence, mort. Gaïa étant unique - jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons pas encore trouver d’autres planêtes réunissant les caractéristiques indispensables à la vie humaine - la mort de l’hôte signifie la mort du parasite.

Vous l’aurez compris, la seule issue favorable pour l’humanité et pour la terre serait une évolution de la relation "parasite-hôte" vers une symbiose au bénéfice de chacun. C’est-à-dire une association intime et durable entre deux organismes appartenant à des espèces différentes.
Le scénario optimiste serait une prise de conscience par l’homme des limites de son activité. On lancerait un processus de décision collectif à l’échelle mondiale, permettant de réguler son activité. Un référendum planétaire en somme ! Ce n’est pas faute d’essayer : conférences environnementales (la COP 19 vient de s’achever à Varsovie), protocole de Kyoto, Sommets de la Terres, Grenelles de l’environnement et autres accords internationaux de régulation de la pêche ou de préservation de la biodiversité. Mais force est de constater qu’à l’exception du Protocole de Montréal mis en place pour lutter contre le trou de la couche d’ozone, ces initiatives sont peu courronnées de succès. Les lois et décrets votés sont rarement appliqués ou font l’objet de tellement de dérogations qu’ils en deviennent anecdotiques. L’action de l’homme est de plus en plus nocive pour Gaïa. Oui, il est venu le temps de l’état d’urgence. Le temps nous est compté.
Soyons clairs, les différents entre nations sont bien trop importants en terme de ressources naturelles, répartition des richesses et différences culturelles pour que nous arrivions à nous mettre tous d’accord. Avec le temps, il est vrai que ces disparités tendent à se réduire et on constate une progression de l’empathie entre les hommes. Jeremy Rifkin le démontre dans son essai Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Cette évolution positive sera-t-elle assez rapide dans la course contre la monde qui se joue actuellement ? A priori non. Il faudrait donc que l’Homme dépose les armes, orgueil compris, s’il veut envisager une autre solution pour la survie de son espèce qui ne reposerait pas sur sa seule intelligence et sa toute-puissance.

Une symbiose avec une nouvelle espèce ? Pourquoi pas. Le scénario moins favorable du point de vue de l’homme serait une nouvelle évolution de l’espèce. Une mutation aussi importante que celle qui a vu passer les organismes mono-cellulaires aux organismes pluri-cellulaires, entraînant la différenciation cellulaire. Une évolution conduisant l’homme à faire partie d’un tout, comme une fourmi au sein d’une fourmillière. Cette évolution semble donc possible puisqu’elle n’est pas impossible. Puisqu’avec la technologie, nous sommes sur le point de briser la barrière des sens pour mettre en place une connexion directe entre l’homme et la machine. En effet, l’heure n’est pas si éloignée où nos machines seront capables d’entrer directement en communication avec le cerveau humain, et de transcire en données les émotions et les perceptions sensorielles et de les reproduire ensuite. Ce jour là, ce qui fait la spécificité de l’être humain, sa conscience individuelle, se dissolvera dans un tout, un tout composé d’humain et de machine, de matière organique et de silicone (ou tout autre support suivant l’évolution du progrès informatique), parcouru de champs magnétiques et électriques, connecté en permanence à la fois à ses semblables et la Terre. Ce nouvel "Organisme" - plus grand, plus complexe que tous les autres organismes ayant résidé sur terre jusqu’ici - sera en mesure de vivre en harmonie et en symbiose avec Gaïa. Son existence serait à l’échelle de la planète, indissociable de celle des autres, les réseaux de communication permettant d’échanger en temps réél d’un point à l’autre du globe. Il serait à même de ressentir pour partie ce que ressent Gaïa grâce aux satellites d’observation, aux capteurs de données et aux technologies de pointe auxquels il serait connecté en permanence. Cet "Organisme" serait surtout capable de s’autoréguler et de réguler Gaïa afin d’assurer leur survie respective. Au sein d’un organisme unique où l’individualité ne transparaît plus, il deviendrait inutile de mettre en place des processus de décision complexes pour agir (la décision juste, fruit du bon ses commun, s’imposant d’elle-même). C’est à mon sens l’évolution la plus probable.

Addendum : La naissance de ce nouvel "Organisme" ne signifie pas nécessairement la fin de l’humanité. Cela signifierait plutôt la fin de la domination de l’homme sur terre. Si l’homme cesse de nuire à Gaïa, il est possible qu’il puisse co-exister au sens propre avec "l’Organisme" au même titre que les autres espèces animales et végétales. Cet "Organisme" sera peut-être plus à même de coloniser les autres planêtes que ne l’a été l’humanité. En s’appuyant par exemple sur les potentialités des deux règnes organique et siliconné, il pourrait développer une bien meilleure résistance aux écosystèmes extrêmes. Dans un scenario futuriste, il est ainsi fort probable que la vie se propage au delà de la planète Terre. Une perspective peut-être peu rassurante pour nous mais prometteuse en terme d’évolution du vivant. L’Histoire est en marche.

Gabriel Dabi-Schwebel
Entrepreneur spécialisé dans le marketing interactif, les technologies digitales et les services numériques. Gabriel a accompagné le lancement de nombreuses révolutions : 3G, VoD, Triple Play, TV Mobile, Apps Smartphone, Smart Grid, etc. En 2012, il crée l’agence 1min30 spécialisée en Inbound Marketing.

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  commentaires

  • A small man in a big world ! Tout ce que peut faire l’homme, l’homme le fait ou tentera de le faire jusqu’a se perdre !
    Alors finir pêcheur, balancer par dessus bord toutes ces prothèses, béquilles et stimulant dont nous nous sommes affublés au fil des temps modernes, regarder le poisson remonter avec peine et effort le courant de la rivière, sentir le vent chaud sur la peau, entendre les rires des enfants qui courent derrière les chiens, s’allonger sur le sable, fermer les yeux et compter le temps seconde après seconde et surtout ne rien retenir. Les femmes se baignent à moitié nues a quelques pas de là, elles chuchotent et se raconte le monde, l’eau coule entre leurs épaules, doucement je m’endors et quand je vais me réveiller si je me réveille, l’homme aura peut être cessé de nuire à Gaïa !
    pardon je m’égare !!!!

  • Merci le Dur pour votre commentaire plutôt tendre...

    Effectivement le Carpe Diem reste une excellente approche pour traverser la période de transition en cours.

    Bon week-end,

    Gabriel

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