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28
nov

La dictature de l’immigration

par Théophane Le Méné

« L’immigration tu l’aimes ou tu quittes la France »

La France raciste, la France moisie, La France inculte, la France des beaufs, celle qui rappelle étrangement les heures les plus sombres de notre histoire. La France qui se replie, La France qui a peur, la France qui s’emmêle au lieu de se mêler hurlent les prêcheurs modernes lorsque, précisément, le pays, dans sa large majorité, vient soulever l’épineuse question de l’immigration et de ses conséquences. Un intellectuel s’interroge-t-il sur l’opportunité de ces mouvements de population qu’il est cloué au pilori (Renaud Camus, Richard Millet et tant d’autres in memoriam). Un mouvement politique émet-il quelques réserves à l’égard de l’intégration que la réaction ad hitlerum fuse. Un citoyen lambda évoque-t-il l’immigration sous un angle négatif qu’on lui ordonne de se repentir directement et de se justifier de ses amitiés avec les minorités. Même Tintin est sommé de se reprendre : la narration de ses aventures au Congo serait le fruit de « préjugés raciaux hideux ». On compte et on recompte la présence de personnes issues de la diversité dans les entreprises, à la télévision, au cinéma, dans le football. Et on s’en délecte. Ça fait chic, ça fait choc. Et on s’aime de montrer qu’on aime les autres, surtout s’ils sont différents. Mais pas de parallélisme des formes : il faut condamner la moindre statistique qui recenserait cette diversité dans la délinquance ou dans les prisons. L’immigration tu l’aimes ou tu quittes la France.

Et pourtant… Loin des grandes et belles utopies qui voudraient que cette bonne vieille terre fut sans frontières, et ces océans une allégorie de l’amour si profond entre les êtres humains, la réalité se révèle comme une tragédie grecque qu’aurait jalousée le vieil Eschyle. Car chaque jour qui passe décline son lot de conséquences, souvent malheureuses, trop rarement heureuses. Prières de rue, menu sans porc dans les cantines, généralisation du hallal dans les supermarchés, voile, burqa, horaires de piscine spécifiques pour les femmes, hôpitaux contraints de composer avec la stricte interdiction de mixité lors d’une consultation… Dans de nombreux quartiers ethniquement très concentrés, la police n’a plus le droit de cité et les quelques irréductibles qui s’y aventurent en sont finalement réduits à baisser les yeux et à ouvrir les poches. Sauf s’ils sont ministres et qu’un quarteron de forces spéciales démine le parcours auparavant.

Mais les tartuffes modernes ne veulent pas voir le problème. Il s’agit pour eux d’oublier tout enracinement, toute incarnation, toute idée de frontière, tous les mythes de sol et de sang et de s’ouvrir à l’autre au point que, selon Alain Finkielkraut « après nous être inclinés devant l’autre que nous-mêmes, nous voici conduits à découvrir l’autre que nous sommes ». Et l’auteur de L’identité malheureuse de constater : « l’enracinement des uns est tenu pour suspect et leur orgueil généalogique pour "nauséabond", tandis que les autres sont invités à célébrer leur provenance et à cultiver leur altérité […] Ce qui distingue le dehors du dedans est applaudi ». À Rome il fallait faire comme les romains, en France il faudrait faire comme les étrangers ? Cette exaltation artificielle de l’autre dont on devine aisément la finalité marchande ne serait pas si dramatique si elle ne conduisait pas à inverser le rapport de force entre l’accueillant et l’accueilli. En 2011, le secrétaire général du Collectif contre l’islamophobie en France déclarait ainsi : « Qui a le droit de dire que la France dans trente ou quarante ans ne sera pas un pays musulman ? Qui a le droit ? Personne dans ce pays n’a le droit de nous enlever ça. Personne n’a le droit de nous nier cet espoir-là. De nous nier le droit d’espérer dans une société globale fidèle à l’islam. Personne n’a le droit dans ce pays de définir pour nous ce qui est l’identité française ». Et un an plus tard, la même association lançait une grande campagne de sensibilisation sous le slogan : « La nation c’est nous ». Comment ne pas voir ici les prémices de ce que l’écrivain Renaud Camus a appelé le grand remplacement, le changement d’un peuple par un ou plusieurs autres peuples ?

En 1973, l’écrivain Jean Raspail osait, en prophète, une œuvre (Le Camp des saints) dans laquelle il évoquait sous forme romanesque l’arrivée soudaine de milliers d’immigrés que l’Occident et a fortiori la France ne parvenaient à contenir et qui signait par là-même la fin d’une civilisation. Quarante ans ont passé depuis et ni le mythe d’un pays multiracial, ni l’exaltation de la diversité culturelle et de l’antiracisme, ni l’hystérie de la France black-blanc-beur n’ont contredit celui qu’on accusait de jouer les Cassandre. Alors en est-il terminé de ce « peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne » comme le caractérisait le général de Gaulle ? « Oui, si la vigilance que le passé impose continue de nous mettre hors d’état de percevoir l’irréductible nouveauté de la réalité présente. Non, si nous mettons enfin nos montres à l’heure, si nous choisissons de faire face et si nous n’abandonnons pas, sans coup férir, l’idée et la pratique de la démocratie au processus qui porte le même nom » affirme le philosophe Alain Finkielkraut. Mais le temps presse.

Théophane Le Méné

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